Franck Ferrand (1/2) : « Pour parler d’histoire, il faut de la clarté, du rythme et de l’émotion »

Depuis 2011, Franck Ferrand anime l’émission Au coeur de l’histoire sur Europe 1, une station où il travaille sur les questions historiques depuis 2003 (DR – Europe1)

C’est une des voix familières d’Europe 1. Du lundi au vendredi, Franck Ferrand propose un voyage Au coeur de l’histoire, une émission qu’il anime depuis février 2011 et qui attire, en moyenne, plus de 600 000 auditeurs (audience cumulée). Quelles sont les difficultés de fabrication d’une émission historique ? Comment transmet-on une discipline telle que l’histoire à un public non spécialisé ? Franck Ferrand vous fait découvrir les coulisses de la préparation de l’un des programmes phares de la station.

Médias et Histoire (M&H) : En écoutant votre émission, on se dit parfois que le comédien prend le pas sur l’historien… 

Franck Ferrand : J’ai fait des études d’histoire mais c’est vrai que je me considère parfois comme un comédien amateur (rires). Cela fait partie de mon travail. Il faut de l’émotion. C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus difficile et de plus exigeant. J’avoue ne pas y arriver tous les jours. Si vous n’avez pas une petite émotion – parce que c’est poignant, parce que c’est atroce ou encore parce que c’est inattendu – je pense que vous passez à côté de l’exercice.

Combien de personnes vous aident à préparer cette émission ? 

En ce qui concerne le choix du sujet, la conception de l’émission et l’écriture, je suis seul. Je travaille à partir d’un immense fonds que Laurent Le Chatelier – un grand documentariste d’Europe 1 – m’a légué au moment de sa disparition en 2008. Il se présente sous la forme de petites fiches classées. Rien n’est informatisé mais c’est d’une redoutable efficacité. Bien évidemment il existe toute une équipe technique autour de Guillaume, le réalisateur. J’ai également deux collaboratrices – Lorena et Elodie – qui me sont très précieuses. Elles répondent au courrier, préparent les invités et procèdent aux pré-interviews qui me permettront de connaître les points forts de mes invités.

Justement comment choisissez-vous ces sujets ?

C’est très arbitraire. Cela se fait au coup de coeur. On ne peut pas passionner les auditeurs si on n’est pas soi-même emporté par un sujet. Parfois, je m’appuie sur l’actualité bibliographique – car on sait que les auteurs seront plus faciles à inviter – mais je préfère choisir moi-même les sujets puis les intervenants que l’inverse. Si vous calez votre émission en fonction de l’actualité, elle perd en force et en intérêt. Une chose est sûre : je suis le seul maître à bord. Personne n’intervient dans ce choix et je n’ai pas de compte à rendre là-dessus. C’est très important. Parfois Europe 1 peut me demander une émission spécifique à l’occasion de la sortie d’un film ou d’un spectacle mais les commandes sont très rares.

Lesquels sont les plus faciles à réaliser ?

Concrètement, comment préparez-vous vos émissions ?

Le week-end, généralement, je réunis la documentation nécessaire à la préparation des cinq émissions de la semaine. Je fais un gros travail de sélection et je commence à imaginer le scénario qui alimentera le récit du début. La veille de l’émission, je me replonge dans tous les documents et je rédige mon récit. Souvent, il n’est prêt qu’à moitié. Il y a donc une grande part pour l’improvisation. Alors forcément, il peut arriver qu’il y ait quelques imperfections mais c’est ce qui fait le charme de la radio. C’est un média vivant et spontané. Parfois, en plein direct, on m’entend passer un ordre à la régie. Je pense que l’auditeur sourit quand il entend cela.

Quels sont les secret de vos récits ?

Il faut de la clarté, du rythme avant tout. La clarté suppose que l’on connaisse soi-même le sujet. Il faut en avoir une idée précise et qu’on en visualise tous les contours. On ne peut pas présenter une telle émission si on est un peu flottant sur le thème du jour. C’est la principale qualité. Puis, il y a le rythme. Il faut que le récit soit relativement entraînant pour qu’il donne envie d’être écouté. Il ne faut pas de longues périodes de narration sans action, sans changement. J’aime jouer de paradoxe dans mon écriture. Le silence est aussi un des secrets du récit. Pierre Bellemarre – avec lequel j’ai travaillé pendant trois ans – était un expert en la matière. Enfin, comme je vous le disais au tout début, il faut de l’émotion. Une émission dont le public se souvient est une émission qui l’a ému.

N’est-ce pas toujours la même formule magique ? 

POUR ALLER PLUS LOIN

Le site personnel de Franck Ferrand : www.franckferrand.com

L’émission Au coeur de l’histoire sur Facebook mais également sur le site internet d’Europe 1

Un extrait de l’émission du 5 juin 2012 consacrée à la bataille de Marignan : 

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